Les Saltimbanques

La Table des Corderies ce n’est pas seulement un très bonne cuisine à base de produits exclusivement locaux, c’est aussi une équipe de cuisine et de salle haute en couleurs.

      Sébastien Porquet, ou Dieu pour les intimes, chef cuisinier d’une trentaine d’année est la tête pensante du resto. L’adjectif le plus adapté pour décrire Dieu est sans l’ombre d’un doute «imprévisible», que ce soit dans sa cuisine ou dans ses divers projets plus farfelus les uns que les autres. Il suffit d’arrêter de le surveiller pendant trente secondes et c’est déjà trop tard: il a eu le temps de concevoir des calzone balls, des kébaies, des Baie-zis, des Big-Baies qu’il servira sûrement sur une brique, un pot de fleur ou une carcasse de crustacé en guise d’assiette. La variété ethnique de ses créations me fait d’ailleurs me demander s’il est bien un Samarien pure souche comme il le prétend, ou, s’il n’est pas réellement un envoyé divin multi-ethnique, peut-être le saurons nous un jour.

Olivier Gignon est le second de cuisine, la principale tâche de ce poste étant de survivre à l’impondérabilité du Chef, ce qu’il semble réussir jusque là. Cependant cela doit probablement attaquer ses capacités cognitives, en effet Olivier semble développer un début de syndrome de Gilles de la Tourette, cela se manifeste par des séries d’insultes incontrôlées ou des spasmes musculaires qui le poussent à maltraiter malgré lui le mobilier extérieur ou à imiter de temps à autres le tir d’un fusil et hurlant «PAHPAH!!». Heureusement pour lui, ces symptômes commencent peu à peu à disparaître depuis la ré-ouverture de la chasse.

Amandine Lebel est également cuisinière à La Table des Corderies. Grande fan de football et fervente admiratrice du PSG, il ne faut pas s’étonner lorsqu’on la voit tenter d’aller vérifier sur son portable les derniers exploits de Neymar. Le reste du temps elle s’affaire à améliorer ses talents de danseuse et acrobate en expérimentant de nouveaux pas de danse loufoques ou en jonglant avec des légumes. Jusque là rien de bien inquiétant, mais il faut toujours rester sur ses gardes, en effet lorsque Amandine se retrouve avec Justine elle se déchaîne et peut très vite devenir incontrôlable, mais pas de panique j’ai la solution: si vous vous retrouvez dans cette situation délicate il vous suffit de siffler la musique de Tetris pour instantanément la calmer, ou la faire rentrer dans une folie meurtrière c’est au choix.

Justine Martinez officie au poste de pâtissière. Elle est une jeune mantaise venue braver le froid des contrées gelées de Picardie pour trouver un job, se rapprochant par la même occasion de sa patrie de cœur: la Belgique. Justine maîtrise en effet l’accent de nos voisins du nord à la perfection. Cet accent n’est pas son seul talent artistique, si vous entendez depuis la salle à travers la porte battante de la cuisine une voix fluette chanter avec un nombre tout à fait raisonnable de fausses notes: «S’il suffisait d’aimer» de Céline Dion, et bien il s’agit bien de Justine. Par contre ne pensez pas une seconde à vous moquer de sa performance, ou alors si vous le faites, surveillez attentivement vos arrières, sous peine de prendre une olive, et d’être ainsi profondément humilié sur plusieurs générations.

 

Samuel Desbiendras avait déjà fait quelques passages dans la cuisine de La Table des Corderies, mais il vient seulement récemment d’être pris comme apprenti, il est donc condamné à coexister avec le reste de l’équipe pour les deux prochaines années. Mais ils s’avère que Samuel et moi-même sommes frères de nourrisse, en effet nous fûmes dans les premières années de nos vie, confiés à la même nourrisse. Je m’engage donc à le supporter dans cette insurmontable épreuve qu’est de travailler avec des individus semblant sortir d’un asile… Ou pas.

 

Eric Williamson est un vétéran du service en salle, il a accumulé tellement d’expérience durant ses années de pratique, qu’il lui arrive d’aller plus vite que le service lui même, trop vite donc pour les autres serveurs ou encore les fourneaux à qui on ne peut demander de cuire la viande plus vite. C’est sans doute pour cela qu’à chaque passage en cuisine, on ne le voit jamais faire autre chose que râler ou tirer la tronche. Pour se détendre il se voit contraint de se tourner vers le pinard, de plus en bon sommelier amateur, il saura parfaitement vous conseiller le vin adapté au plat. De notre côté en cuisine, nous pouvons toujours prier pour qu’Eric daigne nous offrir un verre.

 

Maxime Planchon avec ses faux airs de Mac Lesggy n’est ni là pour vous donner des leçons de sciences, ni même pour vous vendre un brosse à dent Oral-B. Il est bel et bien présent pour vous servir la merveilleuse victuaille préparée par l’équipe de cuisine. Cependant ouvrez l’œil, il lui arrive de temps en temps d’envoyer par mégarde un plat ou une mise en bouche avec un élément manquant, tel qu’un jus ou autre condiment, ne laissant pas le temps au Chef de finir son dressage. Ces petites étourderies sont sans doute dues au fait qu’il doit être constamment en train de réfléchir à la préparation de sa pendaison de crémaillère que nous lui demandons sans cesse depuis quelques mois. Vous pouvez toujours tenter de, vous-même, lui en toucher un mot, peut-être serez vous invité.

 

Alice Lagier Gombart, affectueusement surnommée Kim Kardashian par le Chef Porquet et son équipe (à vous d’en deviner la raison), fait également partie de la grande confrérie des serveurs grand-guignolesque. La légende raconte qu’elle a passé plus de temps en pause que de temps à travailler depuis qu’elle a rejoint La Table des Corderies. Il est vrai que chacun de ses passages en cuisine pour emmener un plat est un grand moment de festivités tellement ils se font rares. Alice est également une vegane affirmée, mais on lui pardonnera les libertés qu’elle se permet par rapport à ce mode de vie, il est parfois très difficile pour nous tous de résister aux appétissants plats qui finissent selon la situation par être proposés à l’équipe de salle.

Mathieu Lefebvre est un métalleux chevelu qui se coltine le poste ingrat de plongeur, qu’il exécute sur son temps libre lorsqu’il n’est pas à la Fac. Il se console néanmoins grâce à la bonne ambiance en cuisine, ou en sifflant un petit air de temps à autre (tout le temps en réalité). Ce poste présente cependant quelques avantages appréciables puisqu’il récupère la plupart des chutes de viandes, les fonds de casseroles ou les fonds des pot de sorbets, miam.

Enfin, Mathieu est également l’auteur de cette série de portraits, il tient à préciser à ses collègues qui pourraient accessoirement lire  les lire, qu’il ne faut évidemment en aucun cas les prendre au premier degré. C’est sur ces mots que je vous dit tel Valéry Giscard d’Estaing sur l’air de la Marseillaise: Au-revoir.