Au Tour de Vitz : Pierre Yves Cez et Anne Carpentier

Le Tour de Vitz, c’est Anne Carpentier et son conjoint Pierre-Yves Cez qui  y pratiquent un tournage du bois traditionnel et évolutif.

Ils s’expriment par des formes à priori simples de la matière dévoilant ce qu’offre le bois. Ses tons, ses mouvements et dessins marqués par le temps sont mis en valeur par des finitions traditionnelles, respectueuses de l’environnement, parfois des teintes.

De l’objet usuel à la pièce purement décorative, sans faire abstraction du ‘’modernisme’’, Anne et Pierre-Yves créent et revisitent des objets inscrits dans leurs époques. Exposition-vente à l’atelier.

Nous nous sommes rencontrés à la Table des Corderies et l’idée à tout de suite germé d’intégrer une part de vaisselles en bois pour certains plats. Un bois issus d’essences locales de la forêt de Crécy en Ponthieu.

Au tour de Vitz

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Ils parlent d’eux… 

« Après des parcours professionnels distincts, nous avons décidé de faire de nos vies un tout en revenant aux fondamentaux que sont les rapports de l’homme à la matière et à son environnement.

Le tournage du bois s’est imposé car c’est également par besoin de recouvrer une véritable identité.

Maîtriser l’élaboration d’un objet du début à la fin, aller le cherchez dans le bois avec l’outil que nos mains tiennent, il n’est plus anonyme et surtout il n’est pas formaté, cela nous apporte une satisfaction et un plaisir sans commune mesure que nous appelons qualité de vie.

Finalement, cette rencontre, nous avons décidé de la sceller et de créer notre propre atelier après quelques années de pratique contrôlée par des ‘’anciens’’ de la profession. »

Un peu d’histoire du tournage du bois

Le tournage du bois est reconnu existant depuis plus de 3000 ans.

L’usage de tours à bois dont certains modèles furent trouvés en Egypte lors de fouilles archéologiques est encore actuel notamment au Maroc.

Ces tours (à archet) ne sont pas les seuls utilisés ni les plus anciens car des gravures, découvertes à la fois en Egypte près des pyramides et dans le tombeau du premier empereur chinois Qin Shi Huang, similaires, montrent ce qui ressemble à des tours verticaux sur lesquels travaillent deux personnages, un qui tient un outil pendant qu’un autre tient une cordelette servant à mettre en mouvement la pièce de bois.

Par ailleurs, s’il est une référence, le trésor du tombeau de Toutânkhamon (né vers -1345, mort vers -1327), découvert en  1922, est composé d’objets tournés  démontrant que la pratique est antérieure.

Au fil des siècles se succèdent les tours en bois à perches à contrepoids et fixes, les tours en métal à arc et/ou perche et enfin à roue qui modernisera le tournage du bois du fait de la rotation continue. Mais c’est toujours l’homme la force motrice.

La révolution industrielle verra naitre la roue hydraulique puis enfin l’électricité qui permettra la production automatique et formatée en grande série provoquant la disparition des artisans.

C’est seulement lors des années 70/80 que l’art du tournage du bois à  « main levée » réapparu apportant de nouveaux outils et des nouvelles techniques comme le creusage en bois de bout par exemple (creusage de vases, etc).

Ce qu’ils font…

« La base du tournage, presque ses racines, reviennent au goût du jour.

Pour cela, nous utilisons des bois locaux et des produits naturels pour les finitions dans cette volonté de pérenniser l’authenticité de ce savoir faire plurimillénaire.

De plus en plus souvent, nous sont demandés du travail à l’unité pour une greffe de pieds de table, un balustre ou un barreau de chaise. En somme, du tournage d’ébénisterie.

Et bien évidement l’art de la table. La vaisselle que nous fabriquons avec du hêtre local.

Des ramequins, des bols, des assiettes, des plats, des saladiers, etc.

Longtemps chassé, le naturel revient tant il est nécessaire.

Le poète Tibulle, écrivait à la fin du 1er siècle avant notre ère:

« …il n’y avait pas de guerres quand se présentait un plat en hêtre au début des festins. »

Que faire d’autre alors que d’en produire et d’offrir ce plaisir, durable de surcroît.

C’est ce qui ce passe entre autres à La Table des Corderies avec tous les talents du chef Sébastien Porquet qui ‘’habille’’ les assiettes avec des produits locaux de qualité.

Nous produisons également, de toutes essences locales, des objets décoratifs, utilitaires, des luminaires, avec toujours en tête le soin du respect du savoir faire et de l’environnement.

Car, si la force motrice devenue électrique,  le tour à bois est toujours le même et l’outil coupant reste dans les mains qui le dirigent, l’orientent, le conduisent jusqu’à ce que l’objet soit dévoilé avant d’être magnifié par une finition.

L’huile de lin bio pour les objets alimentaires, les encaustiques et les vernis au tampon (vernis traditionnels à l’alcool) pour les objets décoratifs et utilitaires.

Comme nous le disions en début de cette présentation, nous avons cette réelle qualité de vie, et c’est déjà en cela que nous avons réussi. »

Je vous invite à découvrir leur atelier près de l’Authie.

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